20 avril 2006
Comment faire évoluer la relation ?
La relation de soumission est une notion très personnelle. Chacun donnera un sens précis au mot soumis, dominatrice, esclave, etc.
Faire évoluer cette relation demande de savoir déjà où l'on se situe et jusqu'ou les deux partenaires souhaitent aller en terme d'investissement de temps mais aussi émotionnel. Pour cela nous allons utiliser la classification de Diane Vera.
Une fois cela fait, l'évolution peut se faire d'une part en assurant qu'il y aura une garantie sur ce qui va se passer et pour cela nous utilisons le Contrat et le Safeword qui permettent de délimiter les pratiques réalisées. Enfin nous évoquerons l'importance des objectifs pour progresser.
Les 9 catégories de soumission
En 1988 dans son livre "the lesbian S/m safety manual", Diane Vera propose une classification en niveau de soumission. Cette classification à pour intérêt de délimiter globalement ce qui est attendue comme relation, ainsi que les possibilités d'évolution. Plus que de niveaux, ce qui laisserait sous-entendre qu'il faut aller vers le niveau le plus élevé, nous préférons utiliser le terme de classes.
1. Le Masochiste non soumis ou le Fétichiste sensuel : Non intéressé par la servitude, l’humiliation ou de " donner " le contrôle à autrui; il est intéressé seulement par la douleur et/ou une sensualité plus " épicée ", toujours sous son propre contrôle et terme, pour son plaisir personnel. (Désir de recevoir seulement que des sensations corporelles et nullement intéressé d’être utilisé pour servir un partenaire aux besoins " sadique ").
2. Le pseudo soumis, non esclave : Non intéressé de " jouer à l’esclave ", mais intéressé aux autres rôles de soumission, comme les scènes de professeur d’école, infantilisme, travestisme forcé. Souvent intéressé par l’humiliation, mais non de servir une Maîtresse même en jeu. Il va largement décider du jeu et des règles.
3. Le pseudo soumis, esclave par jeu : Aime " jouer " à l’esclave. Aime se sentir soumis et servir une Maîtresse et dans certains cas, aime être utilisé pour satisfaire son partenaire aux besoins sadiques, mais dans tout les cas, sous ses propres termes et conditions. Dicte largement le déroulement de la scène. Souvent des adeptes fétichistes comme par exemple les admirateurs de pieds (foot fetish).
4. Le vrai soumis, non esclave : Donne le contrôle à son partenaire (d’une façon temporaire et sous certaines limites négociées). Trouve sa satisfaction dans les aspects de la soumission autre, que de servir ou d’être utilisé par une Maîtresse. Excité par le suspense, la vulnérabilité et/ou de donner la responsabilité à son partenaire. Ne contrôle pas ou très peu la scène, excepté dans les détails larges, mais recherche son plaisir direct (contrairement d’avoir du plaisir de plaire au dominant).
5. Le vrai soumis, esclave par jeu : Donne le contrôle à son partenaire (d’une façon temporaire et durant certaines scènes, d’une façon brève et sous certaines limites négociées.) Trouve sa satisfaction de servir et d’être utilisé par sa dominante, mais seulement pour le plaisir, souvent érotique. Peut aimer ou non, la douleur. S'il aime la douleur, l’aime d’une façon indirecte (être utilisé par une partenaire aux besoins sadiques et le soumis met peu de limites à cet aspect de la scène).
6. Esclave à court terme, dépasse le jeu d'être esclave mais sans s'investir : Donne le contrôle à son partenaire (normalement sous certaines limites et restrictions), pour servir et être utilisé par le dominant, pour des occasions aussi bien érotiques que non érotiques, mais seulement quand le soumis en a envie. Peu également devenir esclave " à plein temps " mais pour une période déterminée comme par exemple plusieurs jours, mais peu décider d’arrêter quand il le veut. Peu avoir ou pas, une relation à long terme avec une Maîtresse, sauf que le soumis a le dernier mot pour quand il va servir sa Maîtresse.
7. À temps partiel, concensuel mais vrai esclave : A une relation avec une Maîtresse et se considère propriété de la Maîtresse en tout temps. Veux obéir et satisfaire la Maîtresse autant dans les activités quotidiennes non érotiques qu’érotiques. Va souvent consacrer de son temps à d’autre activité tel que le travaille, mais sa Maîtresse aura le premier choix sur son temps libre.
8. Esclave à temps plein, consensuel : À part de quelques règles de base, et limite, l’esclave considère d’exister seulement pour le plaisir et le bien-être de la)dominante. Par contre, l’esclave va exiger d’être considéré comme la plus grande possession de ssa dominante. Sa situation étant pas très différente de la situation traditionnelle de la femme au foyer, excepté que dans la philosophie S et M, sa position est consensuelle. Ce qui est encore plus vrai, si l’esclave est mâle. Àl’intérieur de la philosophie S et M, un esclave va entrer dans une relation avec une dominante, après avoir considéré avec soin cette relation, à cause de la magnitude du don de soi, et du pouvoir donner à la dominante. L’esclave est aussi encore plus conscient des dangers de ce type de relation, et va y entrer après entente extrêmement claire et précise, plus encore, du type d’entente que peut précéder un mariage.
9. Esclave total, consensuel et sans limites : Une fantaisie idéale, qui n’existe probablement pas dans la réalité. (Excepté pour certain type de religions ou sectes, ou le consentement est induis par lavement de cerveau., donc pas consensuel.) Certains puristes S et M vont dire qu'un esclave n’est pas un esclave, si il n’est pas prêt à faire N’IMPORTE quoi qui peut lui avoir été ordonné, par sa dominante. (Note de l'auteur : L’auteur de ses lignes a rencontré des gens qui se disent esclaves sans limites, mais l’auteur a ses raisons de douter de la véracité de ces affirmations).
Identifier la catégorie dans laquelle chacun veut aller permet de définir un cadre de pratiques.
Le Contrat
Le contrat qu'il soit verbal ou écrit permet de délimiter les règles du jeu de façon globale et théorique. Pour l'application concrète nous conseillons de faire un autre document où il est possible de préciser de façon très concrète ce qui est accepté, ainsi que les objectifs. Ce document, fait à part peut être ré-évalué régulièrement par les deux parties.
Pour le contrat lire notre article en cliquant ici.
Le Safeword
Ce "mot de sauvetage" permet d'informer la Maîtresse que la limite actuelle du soumis est atteinte. Un respect de ce mot permettra aux deux personnes de savoir aller loin, sans risquer d'aller trop loin.
Lire l'excellent article de : Khayyam – ( http:/mehere.free.fr/ ) en le téléchargeant en document ci-dessous :
• Le_safeword_preservatif_du_bdsm.pdf
La définition des objectifs
Afin de pouvoir évoluer, l'utilisation du contrat et de documents annexes comme des questionnaires et la fixation d'objectifs permettront de savoir ce que la Maîtresse attend du soumis et je juger l'évolution.
Pour cette raison il nous semble indispensable de préciser les objectifs de façon très factuelle (des faits, des chiffres,...).
Les règles habituelles d'une relation BDSM
Le milieu SM essaye de plus en plus de se justifier par la création de règles, de normes, de valeurs pour se donner une consistance, une réalité unique. Dans cette lignée certaines habitudes, normes, s'appliquent d'une façon presque automatique. Sans pour autant invalider l'intérêt de ces règles, nous ne rappelerons jamais que la seule règle à respecter est de décider ensemble des contraintes et de votre mode de fonctionnement. Il s'agit donc ici de livrer les règles habituelles.
À vous de voir si elles sont adaptées à votre relation.
Pour certaines règles nous indiquerons les remarques récurentes faites à l'encontre de cette règle afin de souligner qu'il n'existe pas de règles qui n'a son inconvénient.
Les yeux baissés en ma
présence, tu conserveras.
Le soumis est indigne de porter le regard sur elle. Cette disposition aura pour effet de lui
rappeler, si besoin en était, son statut intrinsèque de soumis.
Limite : Par le regard le soumis devra comprendre les désires de sa Maîtresse.
Jamais mes
décisions tu ne contesteras.
Le soumis ayant toute confiance en
sa Maîtresse, il s'en remet donc intégralement à elle et en son jugement.
Limite : Laisser la possibilité de contester permet de responsabiliser le soumis et il devient acteur de sa soumission, cela rend la relation plus forte, car la Maîtresse doit être cohérente.
Jamais les
jambes tu ne croiseras.
De façon à être ouverte en
permanence, la soumise s'interdira de se tenir les genoux serrés et à plus forte raison,
les jambes croisées. Ainsi le soumis sera en situation de s'offrir en permancence. Cela à souvent plus de sens avec les femmes et travestis soumises.
Limite : Croiser les jambes permet aux jupes courtes de remonter bien plus et permet donc de voir les bas ou la base de la fesse.
Une attitude humble et
respectueuse tu conserveras.
Pour bien manifester sa soumission,
l'esclave adoptera constamment un ton et un comportement respectueux.
À chaque
infraction, ta punition toi-même tu fixeras.
Bien évidemment le Maître
conservera un œil critique et attentif aux faits et gestes de sa soumise. Il peut aussi volontairement laisser croire à sa soumise que la faute n'a
pas été relevée, afin de vérifier l'intégrité du respect de cette règle.
Limite : Un soumis débutant utilise aisement cet ordre pour se faire infliger une punition qu'il aime.
Ton
temps libre à mon plaisir et mon bien-être tu consacreras.
L'esclave devra consacrer
l'essentiel de son temps à se dévouer comme il se doit à sa Maîtresse.
Irréprochable et paré toujours tu seras.
L'esclave veillera à être en
permanence désirable pour sa Maîtresse.
Limite : Le côté avilissant, humiliant doit alors être exigé de la Maîtresse, nous préférons donc la notion de style imposé et varié selon les contextes
Par mensonge ou omission, la
vérité tu ne travestiras.
En aucun cas, le soumis ne devra dissimuler, ou
travestir la pure vérité à sa Maîtresse.
Toutes tes tenues imposées
avec fierté tu porteras.
Le soumis n'est pas fier de les porter mais fier du choix de sa Maîtresse qui à pour but de le soumettre encore plus.
Limite : La fierté limite l'humiliation
Avec quiconque dans nos jeux
même comportement tu adopteras.
La Maîtresse peut prêter son soumis à qui bon lui semble.
Limite : un comportement différent peut être demandé en fonctions des accords et limites fixées qui peuvent être différentes avec la Maîtresse qu'avec les autres personnes.
De ton corps,
jamais aucun accès tu ne me refuseras.
Puisqu'un soumis est rabaissé au
rang d'objet sexuel, la Maîtresse peut se servir de lui à sa guise, quand bon lui semble.
Limite : De nombreux couples pratiquent une relation SM avec d'autres partenaires mais gardent pour eux l'acte sexuel.
Nous retrouvons là le débat maintenant classique : dans le SM y-a-t-il du sexe ?
De tes
punitions, toujours tu me remercieras.
La Maîtresse disposera intégralement
de son soumis. Si l'envie lui prend de faire subir un châtiment corporel au soumis, elle n'aura pas à s'en justifier.
Limite : Pour certaines pseudo-dominatrice cette règle évite d'avoir une cohérence dans la relation en faisant croire qu'il suffit d'être la dominatrice d'une personne pour pouvoir tout faire.
Avec fierté ma Marque tu porteras.
La
relation entre une Maîtresse et son soumis devant, normalement, être autre
chose qu'un jeu lors de moments particuliers, quand il sera seul, avec sa Maîtresse et dans certaines
circonstances précisées, il portera un collier ou un autre signe de soumission. Lorsque
les circonstances ne le permettent pas ( famille, lieu
de travail,..) il portera une marque plus discrète.
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